Le site de projet s’inscrit dans un tissu à dominante agricole et fait la part belle aux architectes massives et de toiture. Il s’agit pour nous de travailler sur un bâtiment présentant une évidence locale par analogie.
« En reconnaissant l’intérêt des choses ordinaires, leur composition prolonge la poésie du site et du contexte, avec mesure. Réside dans cette façon d’intervenir une volonté d’effacer les contrastes existants, de pacifier les ruptures, permettant aux bâtiments en plus de se fondre dans un lieu, d’apaiser des conflits de telle sorte que se forme un nouvel ensemble, une nouvelle identité, presque intemporelle. L’architecture analogue puise aussi sa source dans un travail très clair sur les matériaux choisis qui doivent être mis en valeur à partir de leurs qualités intrinsèques, tels qu’ils sont trouvés. Dans le sens d’une utilisation brute des matériaux, l’artiste Carl André dit : «Je veux que le bois soit du bois, l’acier de l’acier, l’aluminium de l’aluminium, une botte de foin rien d’autre qu’une botte de foin. ». Voir Miroslav Sik, Analoge Architektur et JacquesLucan, Matièresd’art.

Nous tâchons de trouver le juste équilibre entre adéquation au programme, insertion dans le contexte de Ferrières et usage de matériaux et ressources locales.

Notre proposition ménage un parvis d’entrée généreux par un retrait sur la limite parcellaire au Sud d’environ 6m. Cela nous amène à vous proposer une entrée couverte par un préau opalescent permettant de filtrer les apports solaires et caloriques sur la façade vitrée Sud du hall. Ce préau se poursuit jusqu’à la façade Est afin de couvrir l’espace extérieur de la salle de repos qui participe ainsi à l’animation de cette façade d’entrée. Cette terrasse a une vocation attractive et participe à l’animation de la façade. Cependant d’autres espaces notamment dans le patio bioclimatique permettent de trouver un lieu calme et apaisant hors espace public.
Le projet propose un socle permettant de mettre hors d’eau les murs ossatures bois et l’isolant par paille. Ce socle permet d’absorber également le dénivelé d’environ 1m présent sur le terrain entre le Nord et le Sud.
Les façades sont composées d’épines verticales et recoupées horizontalement entre niveaux en bois naturel non traités type Douglas. Ces épines bois ont vocation à exprimer en façade l’ossature
composant les parois. Le bardage proposé contraste avec ces épines par une teinte grise liée à l’utilisation d’une huile végétale permettant au bois de trouver une résonance de teinte avec la toiture visible du bâtiment.

images : Play-Time